Constellation Perseus-Nefertem le Héros Egyptien

Derrière le flanc du Taureau, au-dessus de la Tête d’Orion, on peut voir un personnage coiffé de plumes sur la tête, tenant dans une main levée la tête d’un animal.

Agrandissons-le :

Ce personnage portant une coiffe faite de plumes d’autruches pourrait être assimilé aux Dieux Min et Néfertem ou Néfertoum « divinité à l’odeur agréable » ou  « Seigneur des Parfums ».

Néfertoum était étroitement lié au culte du dieu solaire Rê, c’est le fils du dieu solaire, il est en rapport avec la renaissance perpétuelle du disque solaire.
Associé au dieu Ptah, et à la déesse Sekhmet ils forment la triade de Memphis, ses liens avec sa mère Sekhmet font également de lui un dieu à caractère guerrier.

Il fait partie des 42 juges du tribunal d’Osiris d’après le livre des morts.
Néfertem peut être aussi représenté sous la forme d’un homme portant le symbole de la fleur de lotus ou avec une couronne de plumes ou les deux mais il peut être aussi représenté sous la forme d’un Taureau ( si on observe le Zodiaque Egyptien, on remarque qu’en effet, ce personnage se trouve dans le voisinage du Taureau ), c’est un dieu qui apparaît sous de multiples apparences.

Perseus et la Botanique :

En nous basant sur ces quelques détails, nous pouvons déjà constater certaines similitudes avec le héros grec du nom de Persée car c’est justement à Memphis que Persée a planté la plante du Laurier, connue sous le nom de Perséa d’après ce qu’en dirent Théophraste, Strabon, Plutarque, Pline et d’autres sauf Ovide qui lui adressa le Laurier à Apollon ( mais Ovide souligne-là un lien avec Néfertem, le « Fils du Soleil » puisque Apollon représente le Soleil du moins à partir du Moyen Âge puis à l’époque moderne mais certes, cette référence au soleil étant tardive, nous nous contenterons de Apollon le devin en rapport avec Nefertem ).

Malgré sa toxicité selon les espèces, les branches composées de fleurs rouges et roses du Perséa ou Persea à l’odeur agréable couronnaient la tête des poètes, qui paraît il leurs donnait l’inspiration, elle fût aussi mâchée par les devins pour livrer des oracles, comme à Delphes.

Perseus vu par les grecs :

Avant d’aller plus loin dans le lien qui unirait Persée à Nefertem, découvrons un peu plus intimement le personnage et son histoire, que beaucoup ignore, car ils se contentent principalement de l’âge adulte de Persée et de son statut de Héros libérant Andromède du Monstre Typhon. :

Perseus né de la Pluie :

Acrisios, Roi d’Argos, n’avait qu’une fille, Danaé.
Elle était la plus belle des femmes de ce pays mais cela ne suffisait pas à consoler le Roi de n’avoir pas de fils.
Il se rendit à Delphes pour demander au dieu s’il lui restait quelque espoir d’être un jour père d’un enfant mâle.
La prêtresse répondit par la négative et pis encore, ajouta que Danaé, sa fille mettrait au monde un fils qui plus tard le tuerait. Elle dit aussi que le seul moyen pour le Roi d’échapper à ce sort fatal était de mettre Danaé à mort — et de s’en charger lui-même, pour plus de sûreté.
Mais Acrisios s’y refusa avec la crainte que lui inspiraient les dieux qui châtiaient sévèrement ceux qui répandent le sang de leurs proches.
Acrisios n’osa pas tuer sa fille, mais il la fit enfermé dans une tour d’airain dont le toit s’ouvrait sur le ciel.

Danaé vivait là depuis d’interminables jours dans l’ennui le plus total, sans rien voir sinon les nuages qui passaient au dessus de sa tête, c’est alors qu’un événement mystérieux se produisit : Zeus lui rendit visite sous la forme d’une pluie d’Or et lui fît l’Amour, c’est ainsi que Danaé tomba enceinte.
Pendant quelque temps elle cacha la naissance de son fils au Roi son père, mais en vain, Acrisios découvrit l’Enfant qui n’était autre que Persée.
De crainte que l’Oracle ne se réalise, Acrisios fit faire un grand coffre de bois et les y plaça tous les deux; et ils furent jeté à la mer.
Le sort voulut qu’ils fussent découverts par un brave homme, un pêcheur nommé Dictys.
Il aperçut le coffre, le brisa pour l’ouvrir, et y trouva l’infortunée cargaison, toujours en vie.
Il emmena la mère et l’enfant chez lui et comme ils n’avaient pas d’enfants, il adopta les naufragés et ne les laissèrent manquer de rien.
Ils vécurent tous ensemble pendant des années et Danaé ne demandait rien de plus que de voir son fils partager l’humble et paisible métier du bon pêcheur.
Mais un jour, de nouvelles difficultés s’élevèrent. Polydecte, le Roi de la petite île où vivait le pécheur, était le frère de Dictys mais il ne lui ressemblait en rien, car c’était un homme brutal et cruel.
Persée fût maintenant adulte, sa mère était toujours radieusement belle et Polydecte devint amoureux d’elle.
Mais s’il tenait à la mère, la présence du fils lui parut nettement superflue, et il se mit à la recherche d’un moyen de s’en débarrasser.
Polydecte pensa à un stratagème qui lui assurerait la disparition de son beau-fils, le Roi envoya Persée en mission, afin qu’il lui ramène la tête d’une Gorgone; Polydecte savait qu’un seul regard de la Méduse l’aurait débarrasser de Persée.

La suite du mythe raconte comment Persée rencontra Hermès qui lui donna des armes, des sandales ailés, un cheval ailé, etc…
Il montra son courage en livrant bataille contre de nombreux monstres en vivant de multiples aventures.
Persée finit par tuer son son beau Père Polydecte grâce à la tête de Méduse et il tua aussi son grand père Acrisios mais accidentellement à cause d’un disque que Persée lança lors d’un concours d’athlétisme auquel Acrisios assistait.

Maintenant que nous savons plus en détails qui est Persée, découvrons les similitudes entre son mythe et celui du Mythe de Osiris et Isis écrit par Plutarque.

Persée et le Couple Osiris et Isis :

Le Mythe du couple Isis et Osiris comme nous le connaissons nous a été transmis par Plutarque le Grec, dont on soupçonne qu’il a remodelé à sa manière l’histoire que voici en très résumé à base d’extraits originaux afin que celui ci fasse apparaître les parallèles avec Persée :

Il est important avant tout de préciser que Osiris aussi est un des de Fils ( de Geb et Nout ) et qu’il est le frère de Seth d’où la version grecque : Polydecte le Roi méchant frère de Dictys qui lui est le gentil frère ).

Seth le frère d’Osiris eut l’idée lors d’un banquet de demander à Osiris de se placer dans un coffre en forme de sarcophage, lorsque Osiris s’y plaça, Seth referma le couvercle et jeta le coffre dans le Nil ( version grecque : Danée et Persée enfermés dans un coffre ).

Aussitôt son crime accompli, l’assassin Seth, le dieu méchant, avait pris la précaution d’enfermer Isis dans une chambre de sa maison ( version Grecque : Acrisios enferma Danaé ).

Mais Isis s’échappa de la prison. Elle rencontra Thot (version grecque : Hermès ) qui lui dit : « Viens, ô déesse Isis, reprends courage et confie-toi à moi, je te guiderai et je t’aiderai. Cache-toi et voici ce qui arrivera : tu auras un fils ; il deviendra grand et il sera beau, et il sera fort. Il siègera sur le trône de son père, et il vengera, et il sera le Roi des Deux-Couronnes ; le plus puissant des monarques qui règnera sur la terre » ( version grecque : l’Oracle de Delphes annonça à Acrisios que son petit fils monterait sur son trône ).

Horus vint au monde et continua de grandir, caché parmi les roseaux et les papyrus géants ( version grecque : Persée fût lui aussi caché durant son enfance ).

Il grandit ainsi et Osiris revint une fois sur la terre pour armer son fils et le préparer aux combats.
Il lui demanda : « Qu’est ce qui doit être estimé la plus belle action dans la vie d’un homme? » Et Horus répondu sans hésiter : « Venger son père et sa mère de ceux qui leur ont fait du mal ».
Alors Osiris résolut d’offrir à son fils un animal pour l’aider dans les combats, et il dit à Horus de choisir son compagnon de bataille entre le lion et le cheval.
Horus préféra le cheval « parce que, dit-il, le lion est bon contre les lâches, mais le cheval permet à son cavalier de poursuivre l’ennemi » ( version grecque : le cheval d’Horus est en lien avec Pégase le cheval ailé dont nous avons abordons le sujet dans la page qui est consacré à la Constellation Pegasus ).

Cependant Isis retrouva le coffre, qu’elle ouvrit et se pencha pour poser son visage contre celui d’Osiris et elle se lamentait. Tout à coup, levant la tête, elle s’aperçut que le fils aîné du roi l’observait curieusement. Indignée d’être ainsi épiée, elle le foudroya d’un regard terrible. Saisi d’une terreur insurmontable, il mourut sur-le-champ ( version grecque : le regard qui pétrifie de la Gorgone Méduse ).

Horus se consacra tout entier au rôle de vengeur de son père. Il chaussa des sandales blanches pour traverser le pays ( version grecque : les sandales et l’errance de Persée ).

Entretemps, Osiris fût à nouveau attaqué par Seth, qui le découpa en plusieurs morceaux qu’il dispersa dans les eaux du Nil.

Lors d’une des nombreuses batailles interminables que se livrèrent Horus et Seth mais aussi Isis qui participait cette bataille en usant de sa magie comme moyen de défense pour protéger son fils Horus.

Seth contrarié car ne pouvant rivaliser avec la magie de Isis, eut eut une idée machiavélique pour ne pas perdre le combat.

Seth proposa à Horus qu’ils se transformèrent en hippopotame afin qu’ensemble lui et Horus puissent continuer la bataille dans les eaux du Nil.

Mais le défi que lança Seth à Horus ne s’arrêtait pas là, pour gagner cette bataille, ils leur fallait rester sous l’eau durant 3 mois, ainsi celui qui remonterait à la surface, perdait une fois pour toute le trône Égypte.

Ils plongèrent donc tous les deux, et Isis resta assise là, à se lamenter :  » Seth a tué Horus mon fils !  » mais ne se résolut pas à assister à la mort de Horus son fils bien aimé.
Elle alla chercher une pelote de fil et en fit une corde d’arpentage qu’elle accrocha à un harpon qu’elle confectionna.
Isis le lança dans l’eau, à l’endroit où Horus et Seth avaient plongé, mais le harpon se planta dans le corps d’Horus, celui-ci poussa un grand cri :
« Au secours, ma mère Isis ! Crie à ton harpon de se détacher de moi ! je suis Horus ton fils ! »
Isis affolée ordonna au harpon de se retirer du corps meurtri de son fils, elle le lança de nouveau dans l’eau, et cette fois-ci, Isis atteint le corps de Seth.
Seth hurla : « Que t’ai-je fait, ma sœur Isis ? Crie à ton harpon de se détacher de moi ! je suis ton frère utérin ! »
Sur les mots de Seth, Isis éprouva une grande compassion pour son frère au point de retirer le harpon du corps de Seth.
Horus voyant cela se fâcha contre sa mère Isis, il sortit de l’eau, la face terrifiante de colère et de son immense couteau ( version grecque : l’épée de Persée ), il décapita sa mère Isis.
Mais Horus prit de remords; ramassa la tête d’Isis, en la prenant dans ses bras et escalada une montagne.
Isis s’y transforma en une statue de femme sans tête en silex ( version grecque : la Gorgone Décapitée dont le regard change les êtres en statue de pierre ).

Ensuite Horus culpabilisant du geste contre sa mère vit sa colère décuplée contre Seth, à qui il réserva le même sort de décapitation.

Comme en témoigne cet extrait où Horus s’adresse au souvenir de son père Osiris :

« Debout, que tu voies ce qu’a fait four toi ton fils ! Eveille-toi, que tu entendes ce qu’a fait pour toi Horus ! Il a frappé pour toi celui qui t’avait frappé, Il a tué pour toi celui qui t’avait tué. »

D’autres versions indiquent que Seth pour échapper à la colère de Horus, se réfugia dans les Etoiles, où Nout le recuillit.

Nous l’avons constaté, il existe de nombreuses similitudes entre Persée et Horus ainsi que le Mythe d’Isis et Osiris.

Le personnage du Zodiaque Egyptien portant des plumes sur la tête ainsi que la tête qu’il tient dans la main est forcément en rapport avec le Mythe de Persée ou plutôt, c’est l’inverse, c’est à dire que les Grecs comme à leurs habitudes, ce sont simplement inspirés du Mythe Egyptien pour créer le personnage de Persée.

Il est certain que Plutarque ne donna pas la vraie version du mythe egyptien, puisque lui ne parle pas de la décollation de la tête d’Isis mais le détail de cette décapitation apparu le papyrus Jumilhac.

Par contre, on suppose que le passage du tribunal, où Isis plaide la cause de Horus fût complètement inventé ou interprété par Plutarque.

Persée et Anti :

Un autre mythe Égyptien concernant cette décapitation, parle du Dieu Anti qui décapita une Déesse que l’on pense être Hathor ou Isis ou …:

Le dieu Ânti est le nom du passeur vers l’île du milieu dans la légende d’Osiris, Seth et Horus.

Le dieu Ânti est le fils de la déesse Hésat dont les origines remontent au XVIIIème nome de Haute-Égypte. La déesse Hésat forme une triade avec Anubis le dieu chacal et Mnévis le dieu taureau.

La légende raconte qu’il aurait décapité une déesse, peut être sa propre mère Hésat, mais plus certainement la déesse Hathor, dans le nome d’Aphroditopolis ( Aphrodite-Vénus, l’Astre gouvernant le Signe du Taureau), plus précisément dans sa capitale à Atfih.

Il fut dépecé en punition de son crime, c’est la raison pour laquelle cette divinité est généralement représentée entouré de bandelettes.

La Magie du dieu Thôt permit à la déesse Hathor (si c’est elle) de retrouver une tête, mais un tête de vache selon la légende, puis Rê reparti avec la peau du dieu Ânti.

Sa mère, la déesse Hésat aperçoit la peau de son fils, elle se mit à fabriquer, à partir de son lait magique un onguent qu’elle introduisit dans la peau de son fils pour redonner vie à ses chairs selon la mythologie égyptienne.

Cette légende de la mythologie égyptienne ressemble donc étrangement à celle de concernant Isis qui lors du combat légendaire de Horus contre Seth, apporta son aide à Seth lors du combat, et Horus, son fils dans un excès de colère tranchât la tête de sa mère, Isis. Le dieu Thôt remplaçât la tête d’Isis par une tête de vache.

Ne pas confondre Anti avec le dieu Anty.

Anti et le Dieu Min :

Nous avons vu que nous sommes parti du Mythe de Persée, pour arriver à celui du Mythe de Anti, en passant par le Mythe de la Famille d’Isis, le dépeçage de Anti, le représentant entouré de bandelettes, nous rapporte au personnage incarné par le dieu Min :

Dans la mythologie égyptienne, Min est un dieu ithyphallique du neuvième nome de Haute-Égypte qui portait le nom de Minou (le foudre de Min).

Divinité de la fertilité et de la reproduction. Il est « le taureau de sa mère » ( encore un lien avec Nefertem et Persée visible dans le Signe du Taureau ), la déesse ciel qu’il féconde chaque soir pour donner naissance au soleil ( à nouveau un lien avec Persée et Nefertem ).
D’autre traditions font de lui le protecteur des pistes du désert arabique, ou le géniteur qui fertilise la terre pour permettre la moisson.

Il est représenté sous les traits d’un homme momiforme ( c’est à dire entouré de bandelettes ) debout le phallus en érection, coiffé de deux hautes plumes et tenant un fléau dans sa main droite levée.

Il finit par être absorbé par Amon pour devenir Amon-Min, puis par Horus devenant Min-Horus capable de faire taire Seth.

Persée et Ovide :

Cela ne peut être contesté, Ovide se servit du Mythe Egyptien qu’il adapta mais transforma aussi pour en faire le Mythe de Perseus ou Persée, en atteste la plupart des statues le représentant comme celle de Benvenuto Cellini, exposée à Florencee en Italie :

Les Grecs nous ont transmis le Mythe de Persée comme étant un Héros Solaire chevauchant le cheval ailé Pégase de la Constellation Pegasus, pourtant ce n’est pas Persée monta ce cheval « extraordinaire ».

D’autant, que lui attribuer un cheval volant est superflu vu que Persée possède des sandales ailés sensées l’emmener où qu’il souhaite à travers les cieux, seuls quelques rares peintres dont Burne-Jones comme ci-dessous, n’ont pas commis cette boulette de le représenter montant Pégase :

D’ailleurs sur aucun vase datant réellement de l’époque Antique, cette illustration de Pégase et Persée n’apparaît comme nous l’avons vu avec la Constellation d’Andromède.

Mais qui donc a inspiré les peintres à commettre cette erreur ?

Persée n’est pas Bellérophon :

Un jour, le prince de Corinthe, Bellérophon, reçoit en cadeau un cheval volant, par Poséidon mais le Cheval volant ne se laissa pas facilement soumettre.
Bellérophon se rendit dans le temple d’Athéna pour lui demander conseil, il y passa la nuit.
La déesse de la pensée lui apparut en rêve dans son sommeil et lui indiqua une bride en or, la seule qui lui permettra d’attraper Pégase.
A son réveil, Bellérophon trouve cette bride près de lui, il alla capturer Pégase et il l’apprivoisa.

Grâce à Pégase, Bellérophon, parvient à tuer la chimère en la transperçant de ses flèches.
Mais comme Bellérophon est orgueilleux, il voulu rejoindre l’Olympe, sur sa monture ailée, parce qu’il croit rivaliser avec les Dieux.

Le Dieu Zeus très fâché, envoie un taon, pour piquer Pégase, le cheval est surpris par la piqûre et désarçonne Bellérophon, qui de sa chute, se trouve paralysé.

Pégase devient alors le cheval sacré, choisi par Zeus, pour lui apporter la foudre et les éclairs.

On remarque sur cette illustration de Walter Crane (1845-1915) que Bellérophon est représenté sans son casque et sans son armure, ce qui est normal puisque Bellérophon n’est pas Persée et réciproquement, mais c’est bien le premier qui eut entre les jambes, le Cheval Ailé.

Plagiat entre Grecs et Ovide :

Comme on le constate selon les auteurs, Pégase est à la fois le cheval de Persée mais aussi celui de Bellérophon, c’est une démonstration du plagiat que les auteurs grecs se faisaient entre eux et qu’ensuite Ovide nous transmis.

Il n’est nulle part écrit dans les textes de la mythologie grecque que Persée a chevauché Pégase.
En effet, selon les auteurs gréco-romains tels que Pindare, Persée, après avoir contribué par le meurtre de Méduse à la naissance de Pégase et de Chrysaor, s’enfuit des sources de l’Océan grâce aux sandales ailées qu’Athéna lui avait offert, et délivre Andromède grâce à ses mêmes sandales et à son épée.

L’historien des religions Salomon Reinach affirme que Pégase n’a jamais servi de monture à Persée.
Si l’association entre Persée et Pégase n’est issue ni des textes fondateurs, ni de l’art antique, elle vient forcément d’une mauvaise traduction des textes de la mythologie grecque ou plutôt d’une réadaptation de ceux-ci.

L’association des mythes de Persée et de Pégase remonte aux premiers commentaires médiévaux des textes classiques, et fut popularisée par le manuscrit médiéval de l’Ovide moralisé (vers 1320), qui fait suivre le récit de la mort de Méduse par celui de Bellérophon et de Pégase.
Il induit une confusion entre les deux mythes, de plus, une édition des Métamorphoses en 1497 contenait une illustration de Persée sur Pégase qui a servi de source d’inspiration pour de nombreux peintres.

Les multiples représentations de la délivrance d’Andromède dans les tableaux des peintres de la Renaissance sont donc des erreurs, et selon Rensselaar W. Lee, cette figure résulte d’un mélange de Roger chevauchant l’hippogriffe et terrassant un monstre marin pour délivrer Angélique dans le Roland furieux.

Au XIXe siècle notamment, de nombreuses interprétations des textes mythologiques veulent qu’Athéna ou Poséidon aient dompté Pégase pour en faire don au héros Persée. Il aurait aussi pu, suivant des interprétations du même type bâties sur les textes d’Hésiode, dompter lui-même Pégase dès sa naissance après le meurtre de Méduse, et le chevaucher afin d’échapper à la colère des deux autres gorgones restées en vie, avant de partir délivrer Andromède.

Pourtant, on entend encore dire sur les bancs de l’école, que Pégase est la monture de Persée…

Un dernier détail, Persée possède des sandales ailées à l’instar de Hermès ( Mercure pour les Romains ), les attributs traditionnels de Hermès sont la bourse, le plus souvent tenue à la main, le Pétase ( ailé ou non -le pétase est un chapeau rond à bord large et plat ), le caducée, des sandales ainsi qu’un coq et/ou un bouc.

Nous verrons plus loin que le statut de Messager des Dieux du personnage de Hermès-Mercure fût repris même par la Religion Catholique sous les Traits de Saint Michel.

La Chèvre-Bouc, image de Seth le Diable :

Après avoir analysé les plumes du personnage du Zodiaque Egyptien, nous pouvons remarquer qu’il tient une tête de Bouc ou de Chèvre dans la main qu’il montre d’ailleurs comme un trophée ( c’est cette position qui dut inspirer la position de Persée tenant Méduse la Gorgone ).

Il est intéressant de savoir que Perseus, est appelé sur certaines cartes anciennes « le Porteur de la Tête du Diable », ou bien « David portant la tête de Goliath ».

Nous savons que les Grecs identifièrent Seth au Bouc, illustré par Pan le Satyre, ce qui demeure assez paradoxal, puisque les Grecs font de la Chèvre Amalthée la nourricière de Zeus.

Mais d’où vient cette contradiction grecque ?

Les Grecs devinrent religieux orthodoxes lorsque le « livre de la Sagesse » basé sur la Torah circula à Alexandrie au II ième Siècle avant l’Ère Chrétienne, époque à laquelle eut lieu la Précession des Equinoxes.

Nous avons aussi qu’à la tête de l’Expiation, que les juifs célébraient le dixième jour du septième mois, on amenait au grand prêtre deux boucs qu’il tirait au sort : l’un pour leur Seigneur, l’autre pour Azazel.

Certains textes (Isaïe XIII, 21 et XXXIV, 14) en font le prince des animaux maléfiques vivant dans le désert et notamment le souverain des boucs.

D’autres sources indiquent que le Bouc est incarné par le démon Béhémoth, c’est un démon stupide, malgré ses dignités, qui, dans le livre de Job(XL et XLI) est désigné comme un gigantesque hippopotame qui, à l’instar du Dieu Seth de l’ancienne Egypte, « se couche sous les lotus au milieu des roseaux et des marécages.

Le bouc est un symbole de fécondité, lunaire et nocturne. Il est immolé par le dieu Bacchus dans la Grèce antique.
Le dieu Pan, faune ou satyre fais partie des représentations les plus communes.

C’est aussi un des animaux, avec le taureau, symboles à l’origine du culte du phallus ( Dieu Min).
On attribue aux boucs l’attribut de la fécondité, mais aussi de transmettre cette aptitude aux hommes.

Le Bouc divinisé :.

Le Dieu de Mendès a été décrit par Hérodote (Historien Grec, v.484-v.425), dans son Histoire (Livre II, 42) comme étant représenté avec la tête et le pelage d’une chèvre. Mendès, selon lui signifiait bouc en égyptien :

Mais Hérodote se trompait selon certains puisque dans le sanctuaire de Mendès les seuls animaux sacrifiés étaient des moutons.

De l’affirmation fausse d’Hérodote, Banebdjedet le dieu à tête de Bélier deviendra dans la tradition Judéo-chrétienne, le « Bouc de Mendès », « l’ange déchu », c’est à dire Baphomet ( Nom donné par certains occultistes du XIXe siècle à l’idole mystérieuse que les chevaliers de l’Ordre du Temple furent accusés, à tort ou à raison, de vénérer.)

Le bouc était aussi consacré à Typhon-Seth, et c’est au-dessus de la tête du bouc typhonien que les Égyptiens confessaient leurs péchés, après quoi l’animal était envoyé dans le désert.
Les Juifs prirent d’eux cette cérémonie, et jusqu’au nom même d’Hazazel, ainsi qu’ils adoptèrent plusieurs autres rites de l’Égypte.

Mais les boucs reçurent encore un honneur plus singulier; en effet d’après certains ( des Grecs ), certaines femmes donnèrent avec les boucs le même exemple que donna Pasiphaé avec son taureau.

Ce qui est encore plus étrange, c’est que Plutarque et Pindare, qui vivaient dans des siècles si éloignés l’un de l’autre, s’accordent tous deux à dire qu’on présentait des femmes au bouc consacré, Pindare écrit, ou lui as t’on fait écrire :

« Charmantes filles de Mendès,
Quels amants cueillent sur vos lèvres
Les doux baisers que je prendrais?
Quoi! ce sont les maris des chèvres! »

Mais cette fatale « dépravation » était commune dans plusieurs pays chauds. On sait que cet excès a été commun chez les bergers de la Calabre, et dans plusieurs autres contrées de l’Italie.

Seth, le Dieu Chèvre :

Les Égyptiens se méfiaient beaucoup du dieu Seth, sauf sous les Ramessides où il était vénéré quasiment sur un pied d’égalité avec Horus mais les Égyptiens le vénéraient tout en le redoutant.

Les personnes aux cheveux roux ou châtains étaient considérées de son obédience.
D’autres Égyptiens lui vouaient des cultes secrets qui exigeaient des sacrifices humains; ces sectes furent toujours maudites et poursuivies par les pharaons.
Dans un certain sens, le christianisme a récupéré Seth sous le nom du « diable ».

Ce qui est fort paradoxal de la part des Chrétiens, car dans le livre de la Genèse de la Torah, Seth est le troisième enfant nommé d’Adam et Ève, conçu après le meurtre d’Abel par Caïn.
Seth signifie étymologiquement : mettre à la place de…
Nous comprenons bien la tragédie d’être ou d’avoir un fils meurtrier comme Caïn.
La descendance de Caïn a disparu dans le déluge. Noé est fils de Seth, donc bibliquement, nous sommes tous héritiers de Seth.

Seth le démon multiforme :

Seth est considéré comme un « démon » prenant l’apparence de multiples animaux, tels que l’âne, le sanglier, hippopotame, le bouc, le porc, la Chèvre, le Lièvre, etc…en général du sexe mâle, car les femelles, elles étaient perçues comme étant positives.

Cette multitude formes, lui donnèrent comme avatar, la tête commune d’un animal qui n’existe pas réellement, puisqu’il s’agit de plusieurs combinaisons.

On raconte que, Seth incarné en sanglier ou en porc dont goinfrerie caractérise cet animal, voulut pour dérober et dévorer la lune, l’oeil gauche d’Horus fils d’Osiris, se serait transformé en porc noir ( comme illustré sur le Zodiaque Egyptien, mais Eric Aubourg l’astro-physicien lui y voit un singe…Pensons à lui offrir une paire de lunettes pour son prochain anniversaire ).

C’est dans ce mythe qu’il faut trouver sans doute, l’origine du tabou qui pèse sur les porchers (ils sont les seuls à ne pas pouvoir pénétrer dans l’enceinte d’un temple, raconte Hérodote) ; sans doute est ce aussi la recherche de la vengeance d’Osiris qui fait sacrifier un porc, – et une chèvre, un autre animal séthien -, lors des fêtes memphites de Ptah-Sokar-Osiris, le 24 du 4ème mois d’akhet.

Nous l’avons vu avec ces multiples exemples, que la Chèvre tient aussi un rôle important dans la Culture Egyptienne.

Influence Chrétienne dans l’Astronomie:

Le ciel astronomique fût, pendant un temps, vers le XVII ième Siècle, peuplé des personnages de la Bible, Perseus fût représenté sous de Saint Paul l’Apôtre par Julius Schiller dans son Coelum Stellatum Christianum, daté de 1627 :

Source : http://www.lindahall.org/services/digital/ebooks/schiller/constellation.shtml

Paul de Tarse (à l’origine Saul) ou saint Paul pour certains chrétiens (né v. 8 à Tarse, en Cilicie (auj. İçe, en Turquie) – mort v. 67 à Rome) est l’une des figures principales du christianisme, autant par le rôle qu’il a joué dans son expansion initiale, que par son entendement de l’enseignement de Jésus.

IL fût un Voyageur comme l’a été Persée dans les mythes mais Saint Paul est Le Voyageur de la Bible.

Après sa conversion, Paul séjourne quelque temps à Damas, puis en Arabie, puis à Jérusalem, à Tarse, avant d’être invité par Barnabé à Antioche. C’est de cette ville qu’il partira pour ces voyages missionnaires.
C’est un voyage aller-retour qu’il effectue en compagnie de Barnabé et de Jean Marc (cousin de Barnabé). Il visite Chypre, la Pamphylie (Pergé) et prêche autour d’Antioche de Pisidie.
Son premier objectif est de rencontrer à nouveau les communautés qui se sont créées en Cilicie et Pisidie.
À Lystre, il rencontre Timothée qui continue le voyage avec eux. Ils parcourent la Phrygie, la Galatie, la Mysie. À Troie, ils s’embarquent pour la Macédoine. Paul séjourne quelque temps à Athènes puis à Corinthe.
Il finit son trajet par bateau jusqu’à Tyr, Césarée et Jérusalem où il est arrêté.

Même Persée n’a pas voyagé autant malgré ses ailes…

Vision astronomique de l’Egypte Antique :

Persée n’a donc jamais eu de cheval ailé contrairement à ce que l’on croit, la seule représentation de ce héros qui soit juste est celle qui est inspirée du Zodiaque de Denderah.

D’ailleurs même l’Uranometria de Bayer, la Bible des Astronomes nous montre un homme sans cheval livrant bataille comme un déchaîné tant la forme que Bayer lui a donné est mal proportionnée comme on peut le voir sur sa page :

perseus

Voyons voir à quoi ressemble le dessin linéaire officiel de Perseus selon les Astronomes Modernes :

perseus-lignes-vertes

Les Héros grecs ont visiblement un problème au genou quant à savoir si c’est le gauche ou le droit, nous la laisserons en suspens pour ceux que cela amuserait de répondre, en restant sérieux, on constate quand même que certains font la confusion en Hercules et Perseus voire même avec Orion, par contre seul Persée a des ailes aux pieds, pourquoi ? En effet, Orion et Heracles n’en portent pas, pourtant eux aussi sont dans le ciel et devraient grâce à des ailes rester en apesanteur ( la symbolique antique des ailes  illustre simplement la notion de l’apesanteur comme par ex avec Râ le Faucon Solaire qui plane, de Râ on a fait Horus, c’est pourquoi sa mère Isis porte des ailes combinés à ses bras,. Ces ailes sur les chevilles de Persée n’ont rien à faire, c’est sur sa tête qu’elles devraient se trouver comme le montre la version originale égyptienne avec non pas les ailes mais des plumes d’autruche :

perseus-bis-bis-bis-bis

Certes, il n’est pas évident d’y reconnaître des plumes d’autruche mais on peut aisément reconnaître notre Nefertem le héros égyptien qui tient dans sa main non pas une tête de méduse mais une tête de chèvre relié à une seule patte. Voyons si avec les 4 angles de vision différents nous obtenons un dessin figuration mais astronomique aussi reconnaissable que ce premier angle d’observation :

perseus-bis-bis

Sous cet angle on distingue mieux ce qui ressemblerait à des plumes, mais on observe aussi la « besace » qu’il tient d’une main tandis que de l’autre main, il tient fermement la tête de Chèvre comme un trophée. Bien sûr ce n’est pas Nefertem n’est pas le Capitaine Crochet de Peter Pan, il n’a pas de jambe de bois, mais selon les angles, les jambes sont plus détaillées.

Ci-dessous, la jambe gauche de Nerfetem est propulsée vers l’avant au point qu’elle risque de se détacher de son corps, mais ce n’est qu’une illusion, car il faut regarder une Constellation également en 3D, ci-dessous Nefertem n’est pas de profil mais de 3/4 et semblant remonter d’un chemin en contre-bas :

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Ci-dessous avec le dernier angle d’observation, on distingue mieux sa coiffe faite de plume et même de l’évocation du disque qu’il arbore sur sa tête de héros :

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Nous allons reprendre la version de Bayer et y faire superposer les deux versions, ainsi, nous aurons droit à plus d’étoiles que celles que les Astronomes Modernes s’en contentent hélas, nous privant ainsi d’un personnage égyptien parfaitement reconnaissable contrairement à son personnage greco-romain :

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On constate que les astronomes greco-romains latins ont placé l’étoile Algol non pas où se trouve la tête de Chèvre Auriga ( que l’on nomme en français le Cocher )  mais le genou de Nefertem dont la version égyptienne nous permet d’observer cette constellation Perseus dans le bon sens de vision :

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Voici les dessins de cette constellation sur lequels la majorité des astronomes s’entendent :

Voici un des dessins de la Constellation Perseus superposé à la Constellation de Nefertem :

On remarque bien que dans le Zodiaque Egyptien, se trouve tous les accessoires : petit sac, plumes, Chèvre-Gorgone, épée comme ils ont été repris par les Grecs pour qu’ils puissent créer le personnage de Persée-Hermès.

Identification astronomique :

Persée est une constellation de l’hémisphère nord. Relativement grande, elle possède plusieurs étoiles brillantes, dont l’étoile variable Algol.
La constellation de Persée est ancienne. Déjà répertoriée par Aratus de Soles, puis par Ptolémée dans son Almageste au Ier siècle.
Les Constellations qui lui sont limitrophes sont celles : du Taureau, du Bélier, de Cassiopée, …

 

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Cette page fait partie d’un ensemble dont le travail de recherche consiste à décrypter les personnages du Zodiaque de Denderah, ce travail de recherche inclut un Zodiaque-Map cliquable, ainsi qu’une représentation fidèle en très grande taille du Zodiaque de Denderah.

Vous avez la possibilité de commander un Poster de ce Zodiaque en couleurs d’une taille à partir de 80 cm sur 120 cm.

Vous pouvez lire aussi le travail de recherche qui sert d’introduction aux Constellations Égyptiennes à cette adresse :

Lien vers le travail de recherche

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