Constellation Corvus-L’oiseau Akhem

Au dessus de la tête de la « femme à l’enfant » et la Houe de Meréou représentant la Constellation Centaurus et derrière le Lion , on peut identifier un oiseau posé sur l’Hydre-Barque Solaire :

Agrandissons-le :

Cet Oiseau est L’oiseau Âkhem ou Akhem est un épervier représenté couché, avec les pattes cachées dans son plumage. Il est nommé également faucon momiforme ou faucon emmailloté ou encore, faucon couché. Il est posé sur une base.
Les couleurs les plus couramment rencontrées sont le rouge pour le plumage, le jaune, l’ocre ou l’or pour la poitrine et le bleu pour le dessus de la tête.

Des statuettes de faucons âkhem se retrouvent dans le mobilier funéraire. Elles étaient souvent posées à l’avant des socles des statues de Ptah-Sokar-Osiris, comme si le faucon était posé sur la chapelle chetyt (caverne ou chapelle dédiée à Sokar,
les textes des pyramides citent le dieu Sokar comme étant une divinité funéraire, lié à la barque du dieu élevée vers le ciel. Sokar fut avant d’être une divinité funéraire, une divinité liée au travail des métaux, à l’artisanat, peut être même avant le dieu Ptah ). Elles sont présentes sur des coffrets d’ouchebtis, les serviteurs accompagnant le défunt. Dès la XXV° dynastie, les sarcophages externes était constitué d’un coffre rectangulaire à piliers d’angles, avec un toit bombé. Sur ces sarcophages coffres, étaient posés des oiseaux âkhem ou des statues du dieu Anubis.
Les oiseaux âkhem pouvaient être également figurés sur les barques sacrées.

Le Livre pour sortir le jour, ou Livre des morts, évoque le terme âkhem au chapitre 148.
Après avoir nommé le nom des sept vaches sacrées et du taureau, et cité les gouvernails du ciel du Nord et de l’Ouest, le texte continue ainsi :
« Ô lumière du soleil qui est au coeur de la demeure des Akhem, gouvernail précis du ciel de l’Est ! »

Le mot âx’m (akhem) désigne l’épervier momifié, qui est souvent figuré dans les barques divines; il symbolise ici un état inerte ou quiescent de la divinité, la larve divine, qui fait antithèse avec son principe actif, exprimée par l’idée de l’âme vivante.

Il ne faut pas le confondre avec l’Oiseau Benou qui lui se trouve parfois à l’avant de la Barque Solaire, contrairement à l’Oiseau Akhem qui lui se trouve à l’arrière.

oiseau benou

Il est un fait, que ces deux oiseaux ont un rapport funéraire, mais ils sont différents à la fois dans leur représentations et dans leur fonction, d’autant que l’Oiseau Benou, a en général une tête humaine.

Il ne faut pas non plus confondre l’Oiseau Akhem avec Sopdou.

Les Oiseaux en Egypte Antique :

Les oiseaux tiennent une place essentielle dans l’Égypte ancienne. Ils sont abondamment représentés sur les hiéroglyphes, les bas-reliefs, les sculptures, les peintures et les fresques. Certains sont sacrés, d’autres sont domestiqués et appréciés pour leur chair.

Certaines espèces d’oiseaux de l’Égypte pharaonique ont totalement disparu, parfois en raison de modifications de leur milieu de vie, parfois de façon totalement inexpliquée. Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux sont encore les hôtes temporaires ou permanents des oasis, de la vallée du Nil (iterou), de la région du canal de suez ou des franges littorales.

Les représentations d’oiseaux, dignes de la photographie, dans l’art sont des sources d’informations précieuses quant à l’évolution de l’avifaune égyptienne. La précision avec laquelle ils furent peints ou sculptés a permis d’identifier des espèces aujourd’hui disparues, ancêtres parfois de celles que l’on observe encore dans le pays.

Ces représentations nous renseignent également sur les habitudes alimentaires des Égyptiens, pour qui ces oiseaux constituent des mets de choix d’une très grande variété, la plupart d’entre eux étant consommés, à l »exception des espèces sacrées. Cette consommation donne lieu à des inventions en ce qui concerne les techniques tant de chasse que d’élevage, dont certaines sont toujours d’actualité.

Nadine Guilhou et Janice Peyré nous précisent que, selon le Livre de Nout, les âmes viennent sous forme d’oiseaux des régions où règne l’obscurité totale pour se nourrir d’herbages en Égypte.

Or, selon toute une série de documents, les oiseaux sont des images de l’ennemi. Ce rôle hostile leur est attribué dès la I ère dynastie, sous le règne du roi Den, d’après la Pierre de Palerme.

Certains oiseaux sont en effet de redoutables prédateurs des récoltes, ce qui explique l’organisation de grandes chasses à leur encontre. Cette symbolique se traduit dans le domaine religieux et funéraire par le motif de la chasse aux oiseaux dans les marais (on le trouve dans des mastabas et des tombes thébaines) et par le motif de la chasse au filet comme, par exemple, sur le mur sud de la salle hypostyle de Karnak (Ipet Sout).

L’oiseau, comme le faucon présente aussi des aspects positifs. Il constitue un lien entre les mondes terrestres et célestes. Ce pouvoir de s’élever vers le ciel en fait un symbole de l’âme libérée de la pesanteur. Il représente l’esprit des morts et celui des enfants qui ne sont pas encore venus au monde.

Il traduit ainsi trois aspirations fondamentales de l’espèce humaine : l’espoir d’une vie dans l’au delà, le lien avec les ancêtres qui veillent sur les vivants et le désir de procréer.

En Égypte le symbole de l’oiseau est déjà présent sur des jarres à vin destinées à accompagner les morts dans l’au delà qui datent de 3 000 avant l’Ère Chrétienne.

Rôle symbolique des plumes :

La plume a un rôle symbolique, il désigne l’écriture, un scribe bien que celui-ci utilisait le calame (roseau taillé en pointe) pour écrire. Dans de nombreuses symboliques s’appuyant sur la théorie des Quatre éléments la plume est reliée à l’air, ou au souffle qui est à son tour symbole de vie. Les Égyptiens de l’antiquité appelaient la plume « le traceur de tout ». C’est le symbole de l’expression de la parole divine délivrée par l’écriture.

Dans la religion de l’Égypte antique, lors de la pesée de l’âme, Maât représentée par une femme coiffée d’une plume d’autruche ou simplement par cette plume elle-même, aussi légère qu’une plume, est le contrepoids du cœur qui doit être aussi léger qu’elle pour que le Ka, l’âme du défunt, puisse accéder au monde des bienheureux.

Symbolique mythologique de l’aile :

Les ailes représentent la légèreté, la spiritualité, la possibilité de l’envol et de l’élévation jusqu’au ciel. Elles symbolisent l’aspiration de l’âme à l’état supra-individuel, à la transcendance de la condition humaine. C’est la faculté cognitive, l’imagination, la pensée, la liberté et la victoire.

Les ailes sont également un symbole de puissance et d’influence. Certaines déesses de la religion de l’Égypte antique comme Nekhebet, et parfois des déesses mères, comme Isis, Hathor, Nout sont couvertes d’ailes ouvertes en angle, elles soulignent alors l’effet protecteur de ces déesses. Les ailes d’Amon-Rê entourant le disque solaire étaient placées au-dessus des portes pour protéger l’entrée des enceintes sacrées.

Les Egyptiens ne croyaient pas aux « anges », les plumes représentaient ce qui est léger comme une plume, c’est à dire l’esprit. C’est une image symbolique qui n’a de fonctions que celles de désigner soit un lien avec l’âme soit une allusion aux moeurs des oiseux, allusion utilisée pour expliquer la vie, c’est en quelque sorte un cours de sexologie et de biologie combinées à l’attention de la femme ou de l’homme désireux d’en savoir plus sur la gente féminine.

Si Isis est souvent représentée avec des Ailes, c’est parce que l’ovule à la forme d’un oeuf, et que tous mots en relation avec la grossesse ont un rapport avec le Nid, les ailes indiquent donc aussi des caractéristiques de maternité.

L’Oie, cet oiseau sauvage et domestique à la fois, pond de 4 à 9 oeufs en avril, dont l’incubation dure de 27 à 29 jours ( période des Menstruations de la Femme ), elle est exclusivement végétarienne.

Un bébé ne se nourrissant pas d’herbes ou de graines, comme l’Oie, les Égyptiens Antiques rajoutèrent aux ailes des Cornes de Vache ( le lien avec la vache est évident, puisque la couleur du Lait rappelle la couleur de la Lune dont Isis est la Déesse, mais le lait évoque aussi la nourriture du Nourrisson et par extension l’allaitement du Pis ou du sein ).

La Déesse Isis est aussi assimilée au Vautour car les vautours pondent un seul oeuf par saison de reproduction, l’une des principales caractéristiques anatomiques des vautours est que leur tête est dépourvue de plumes, le mode d’alimentation du Vautour le contraint à avoir leur tête blanche très souvent recouverte du sang des carcasses d’animaux morts dont ils se nourrissent.

L’image est limpide :

Le Blanc correspond à la Lune et au lait de la Vache, le Sang lui est assimilé aux Règles de la Femme, la Lune étant aussi le Symbôle de la Fécondité, c’est ainsi que Isis prend la forme du Vautour Nekhbet chez les Anciens Egyptiens.

Ces deux oiseaux nous expliquent la raison qui fait que les bras d’ISIS soient ailés, c’est par pur symbolisme apparenté aux Oiseaux et non, à une référence religieuse angélique.

Corvus chez les Grecs :

Le Corbeau chez les Grecs est rattaché au symbole solaire, en effet, le Corbeau est consacré à Apollon.

C’est un messager des dieux, il remplit des fonctions prophétiques mais il ne put conserver sa place auprès d’Athéna, et fut remplacé par la chouette.
La légende raconte que le plumage originellement blanc du Corbeau devint noir suite à une malédiction lancée sur lui par Apollon, pour le punir de ses indiscrétions. Malgré cela, le Corbeau reste le compagnon préféré du Dieu Soleil.

Le Corbeau est aussi assimilé à Proserpine, sans doute, parce que le ton noirâtre de son plumage évoque, la Nuit, les Enfers.

Dans la culture gréco-romaine, les oiseaux, qui vivent entre le ciel, où sont les dieux, et la terre où habitent les hommes, sont nécessairement des oiseaux prophétiques. Aussi, c’est en observant leur vol que les anciens devins savaient prédire l’avenir. C’était ce qu’on appelait connaître le langage des oiseaux.

Nous l’observons, les Grecs reprirent l’Oiseau Akhem pour le transformer en Corbeau mais ils ont préservés l’aspect funéraire et spirituel de l’oiseau Égyptien.

Influence Chrétienne dans l’Astronomie :

Le ciel astronomique fût, pendant un temps, vers le XVII ième Siècle, peuplé des personnages de la Bible, Corvus fût représenté sous la forme de l’arche d’Alliance par Julius Schiller dans son Coelum Stellatum Christianum, daté de 1627.

Source : http://www.lindahall.org/services/digital/ebooks/schiller/constellation.shtml

Lors du déluge et de l’histoire de l’Arche de Noé, la Bible rapporte que Noé aurait envoyé un corbeau pour savoir s’il existait des parcelles de terre viables. Mais le retour rapide du corbeau fut synonyme d’une mauvaise nouvelle : n’ayant réussi à se poser nulle part, l’oiseau était revenu.

Ailleurs dans la Bible, il apporte du pain dans le désert au prophète Isaïe, ainsi qu’aux ermites Antoine et Paul. Certains saints chrétiens sont même accompagnés de corbeaux : Benoît, Boniface,…

Vision astronomique de l’Egypte Antique :

L’Oiseau Akhem est posé sur la barque-Hydre sur laquelle vogue le Lion qui illustre la double incarnation du dieu Soleil mais aussi celle de la Constellation du Lion.

Pour nous aider à observer la corrélation entre l’Oiseau Akhem et Corvus, il nous faut juste observer la représentation de la constellation Corvus qu’en font les Astronomes comme par exemple Bayer dans son Uranometria qui est la référence chez les Astronomes depuis le 17e siècle :

corvus

Tout d’abord, il nous faut repérer le dessin linéaire officiel de Corvus et selon les étoiles, la voici :

corvus-vert

On constate que le Corbeau de Bayer occupe une petite place parmi un ensemble d’étoiles que Bayer n’a pas jugé nécessaire d’occuper, pourquoi ? Nous verrons la raison plus loin mais avant, observons Corvus sous les 4 angles de vue comme nous l’avons fait pour chacune des Constellations Antiques, afin de retrouver notre Oiseau Akhem:

corvus-urano-egyptien

corvus-bis-bis-bis

corvus-bis-bis

corvus-bis-bis-bis-bis

On retrouve bien notre Oiseau Egyptien mais nous avons remarqué que certaines étoiles restent isolées, pour comprendre pourquoi, il nous suffit de reprendre la page de Bayer et d’y rajouter des lignes bleues  pour voir quel(s) dessin(s) vont apparaître car ces étoiles isolées ne sont pas là pour faire joli, si Bayer les a indiqué, c’est qu’elles apparaissent dans le voisinage de Corvus :

 

corvus-etoiles-supplementaires

Bayer n’a pas su ou voulu les identifier parce qu’elles font partie d’autres Constellations que voici, colorisées pour être plus visibles :

corvus-etoiles-manquantes

La femme qui tient un Vase est la Constellation Crater ( voir son analyse ) le jeune homme brun au milieu fait partie de la Constellation Centaurus ( voir son analyse ) revisitée par les Latins, car comme on peut le voir il ne s’agit pas d’un Centaure. Au dessus à côté de l’Oiseau Akhem on peut voir la queue de la Constellation Leo avec dessus les pieds de la Constellation de la Chevelure de Bérénice, on constate que le Zodiaque de Denderah reflète bien la réalité de notre ciel, évidement Bayer n’a pas voulu redessiner les constellations égyptiennes mais les étoiles de ces constellations se doivent d’être là même si Bayer n’a pas indiqué toutes les étoiles environnant Corvus, les quelques qu’il a noter sont compréhensibles avec le Zodiaque égyptien. Voici la scène telle quelle extraite du Zodiaque de pierre colorisé par mes soins :

oiseau-akhem

Vous avez peut être remarqué qu’une étoile n’a pas pu être identifiée celle qui se trouve dans l’oeil de la Femme qui tient le jeune garçon, cette étoile se trouve bien là où elle doit se trouver mais Bayer n’a pas jugé nécessaire de rajouter d’autres étoiles, de fait, cette partie là de la Constellation du Centaurus ( combinaison de la femme et l’enfant ) est restée vide mais si Bayer avait indiqué plus d’étoiles autour de cette Femme, il aurait été possible de la dessiner elle aussi en se servant juste d’un trait bleu.

Pour conclure sur cette analysé consacrée à l’Oiseau Akhem latinisé en Corvus, voici la combinaison des deux versions latine et égyptienne, on notera qu’on reconnaît davantage un oiseau avec la version égyptienne :

corvus-combine

Voici les 2 représentations officielles les plus courantes de la Constellation de Corvus observées par les astronomes :

Voici un des dessins de cette Constellation Corvus superposé à la Constellation de l’Oiseau Akhem :

Identification astronomique :

Corvus est une petite constellation de l’hémisphère sud.
Citée par Aratos de Soles (3e siècle avant l’Ère Chrétienne) et ensuite répertoriée dans le catalogue d’étoiles de Claude Ptolémée.
La constellation Corvus est facilement repérable au sud de α Virginis (Spica). Le Corbeau pointe vers α Virginis.
Les Constellations limitrophes sont : Hydra-AapepCrater-Les Coupes de Sakhmis, la Vierge,…

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Cette page fait partie d’un ensemble dont le travail de recherche consiste à décrypter les personnages du Zodiaque de Denderah, ce travail de recherche inclut un Zodiaque-Map cliquable, ainsi qu’une représentation fidèle en très grande taille du Zodiaque de Denderah.

Vous avez la possibilité de commander un Poster de ce Zodiaque en couleurs d’une taille à partir de 80 cm sur 120 cm.

Vous pouvez lire aussi le travail de recherche qui sert d’introduction aux Constellations Égyptiennes à cette adresse :

Lien vers le travail de recherche

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