Constellation Delphinus-Le Mérou d’Hatmehyt

A votre gauche vers le milieu on peut voir un Poisson sur le Zodiaque de Denderah, celui-ci faire partie ou serait composé de deux espèces avec l’avant d’un « bouc » mais on visualise bien le corps entier de la tête à la queue d’un poisson :

Agrandissons-le :

Il faut savoir que la pêche dans l’Egypte antique est la seule activité qui n’était pas régulée par le pharaon. Les égyptiens pouvaient ainsi manger du poisson aussi souvent qu’ils le souhaitaient.

Les prêtres d’Egypte avaient proscrit les poissons de leur alimentation et ils ne figurent jamais dans les offrandes funéraires.

Dans le Nil mais aussi les côtes de la Méditerranée et les marais on trouve de multiples poissons tels que l’Hydrocyon forskalii dit « chien du Nil », un barbeau (Barbus Bynni), ou « carpe du Nil », un Citharinus latus, le mérou et d’autres espèces :

Plusieurs espèces de poissons étaient sacrées dans l’ancienne Egypte, les plus connues sont :

L’oxyrhynque ou momyre, aussi appelé « brochet du Nil », vénéré dans toute l’Egypte et plus particulièrement à Oxyrhynchos où il est rattaché au cycle osirien.

Le lepidos barbus bynni, la carpe du Nil ( du moins pense-t-on qu’il s’agit de la carpe ), attribué à Onouris et à Mehit couple divin de Lépidotonpolis (près de l’ancienne This).

Il est aussi consacré – et même avant tout – à Hatmehit ou Hatmehyt ou Hatmehout ou encore Hathehyt, la  » Maîtresse des poissons « .

Le lates niloticus, consacré à Neith de Saïs et à Khnoum d’Esna.

Le silure, silurus glanis, le curieux poisson-chat, semble avoir été très anciennement vénéré et même divinisé. Le nom du roi Narmer s’écrit avec le hiéroglyphe du silure.

La tilipia nilotica ou inet en égyptien ancien, n’a pas reçu de culte proprement dit, mais joue un rôle mythique comme réceptacle transitoire de l’âme. A Dendérah, ce poisson est associé à Hathor.

L’anguille, angula vulgaris, était perçue comme une des formes d’Atoum, ainsi que le clarias anguillaris, qui est en réalité un silure.

Le poisson appelé abdou dans les anciens textes n’a pas encore été formellement été identifié mais on suppose que c’est un Mérou. Il veille avec la tilapia sur la barque solaire; c’est également un poisson osirien.

La tombe TT2 de Khabekhnet :

Khabekhnet était le fils aîné de Sennedjem (TT1), il a vécu pendant la 19ème dynastie lorsque Ramsès II  (-1279 -1212 ) était sur le trône.

Le titre de Khabekhnet était « Serviteur dans la Place de Vérité », il a vécu à Deir el-Medina et a travaillé dans les tombes royales de la Vallée des Rois.

Un mur de sa tombe montre une scène  où l’on voit Anubis, l’embaumeur à tête de chacal, qui assiste Khabekhnet, représenté ici comme un poisson puissant, plutôt qu’un être humain, ce poisson est couché sur un divan avec les pieds en forme de pattes de lion.

 TT2 de Khabekhnet à Deir el-Medina

Les mots suivants accompagnent la scène: « Je viens et je suis votre protecteur de l’éternité, oh abdw le poisson du vrai lapis-lazuli ».

Le poisson a été identifié comme un symbole du mort en attente de la renaissance (Germond, 2001,143).

Patrick Houlihan, égyptologue spécialisé dans l’étude de la faune et la flore de l’ancienne Egypte  suppose qu’elle représente probablement la personne décédée associée au dieu Osiris (Houlihan, 1996,132).

Le Mérou d’Egypte :

Les mérous naissent tous femelles mais vers l’âge de 9 à 14 ans deviennent des mâles, (on parle alors de protogynie ou protérogynie et nom d’hermaphrodisme ).
Chaque individu possède une glande hermaphrodite capable de produire des gamètes femelles, puis mâles.

Le mérou comme par exemple Epinephelus alexandrinus fait partie de la famille des Serranidae qui inclut les aussi bars :

Le Mérou est le plus grand prédateur du récif de corail.

Ils sont solitaires et d’habitude, pendant la journée, ils restent dans les cavités au fond de la mer. Parfois, ils se cachent dans les grottes.
En principe, ils attaquent leur proie, les crustacés ou les petits poissons, dans la pénombre et durant la nuit. Ils chassent à l’affût. L’attaque est instantanée, la proie est absorbée par la bouche grande ouverte et avalée.

Les Serranidae s’assimilent à leur milieu naturel. D’ordinaire, ils sont tachetés de bleu ou d’orange mais ils peuvent avoir d’autres couleurs.
En effet, les taches claires qui couvrent son corps changent d’intensité, comme des nuages, selon le milieu ambiant.

Les Serranidae du genre des Cephalopholis ou du genre des Epinephelus sont d’une petite taille. Pourtant, il y a des genres qui dépassent 2 mètres de longueur ou même atteignent à peu près 4 mètres.
Les espèces plus grandes sont pêchées à des fins de consommation en raison de leurs valeurs gustatives.

En fonction de son humeur, il peut prendre plusieurs colorations, ce qui rend difficile son identification.
Ils ont une espérance de vie d’environ 50 ans.

La Partie aquatique du Capricorne est donc un mérou, il existe même un Mérou que l’on nomme serranus-cabrilla « Serran-chevrette ».

Nous l’avons vu, le Mérou est un poisson de grande taille qui selon la taille peut être confondu avec le marsouin ou le dauphin mais la comparaison s’arrête là car le Marsouin est un poisson mammifère qui est obligé de remonter à la surface de l’eau pour respirer :

Le Marsouin et le Dauphin :

Le marsouin commun a ainsi été chassés pour sa viande tout comme le mérou et le dauphin en tant que concurrent des pêcheurs ou parce qu’il faisait des dégâts dans les filets en s’y prenant accidentellement ou en cherchant à y manger des poissons, ce qui les a fait considérer comme nuisibles par certains.

Le mot Dauphin ne désigne pas automatiquement le mammifère marin en effet en grec le mot Delphin a le sens de « cochon de mer, marsouin » (en raison du rostre qui rappelle celui du porc) de δέλφος, délphos (cochon).

Le terme marsouin [maʀswε̃] ou cochon de mer désigne les cétacés de l’ensemble de la famille Phocoenidae. L’appellation de cochon de mer se retrouve dans les langues nordiques comme par exemple en breton Morhoc’h ou en allemand Schweinswale. D’ailleurs le terme vernaculaire français Marsouin, ou espagnol marsopa, aurait lui même été emprunté aux langues nordiques, comme le danois marsvin ou le suédois, via le moyen néerlandais meerswijn1, et ceux-ci se traduisent aussi par « cochon de mer ».

L’ancien français pour marsouin étaient pourpois, une déformation du bas latin porcopiscis ou pisciporcus, qui signifie également cochon de mer.

Delphin en grec et du bas latin delphinus (attesté au IVe siècle et porté en particulier par Delphin, évêque de Bordeaux de la fin de ce siècle), le prénom, devenu Dalphinus est devenu nom patronymique des seigneurs du Viennois puis a donné Dauphiné et, par métonymie dauphin dans le sens de « héritier de la couronne de France » titre qui est attribué depuis la cession du Dauphiné à la France en 1349.

Le Dauphin, Mammifère marin lui, odontocète, de l’ordre des cétacés porte le nom taxinomique de Tursiops truncatus que tout le monde connaît avec son « museau » ou « bec » si reconnaissable :

et non plus le Marsouin que les Astronomes après les Égyptiens Antiques avaient identifiés pour la constellation qu’on appelle donc à tort Delphinus.

Ce qui est intéressant c’est que le mot DELPHI du grec δελφός (delphos) désigne aussi l’utérus ou la matrice de la Femme.

Est ce parce que le tilapia nilotica est connu pour cacher ses petits dans sa bouche en cas de danger; il les régurgite ensuite d’une manière qui rappelle l’éjaculation où est-ce parce que le Mérou née femelle devient mâle au gré de son envie ?

Les poissons semblent donc avoir été directement associés aux organes génitaux selon la Culture Égyptienne.

Arrêtons un instant dans notre analyse de la Constellation Delphinus pour parler un peu du Capricorne qui est une constellation proche de celle du Dauphin et dont les créateurs du zodiaque égyptien de Denderah semblent avoir combinés avec le mérou.

Le Capricorne n’a pas toujours été représenté avec sa queue enroulée, comme en témoigne cette représentation arabe :

Voici d’autres représentations, certes plus modernes, mais qui représentent le Capricorne sans queue de poisson :

La constellation Delphinus s’est fusionnée au Capricorne au fil des siècles, certains astronomes ont représentés le Capricorne avec une queue droite, d’autres avec une queue enroulée, d’autres avec une queue ondulée, , d’autres encore sans queue de poisson, bref, l’image du Capricorne n’est pas figée comme celle du bélier ou de la Vierge…

L’astrologie se distinguant de plus en plus de l’Astronomie surtout depuis Claude Ptolémée, les astrologues se sont intéressés davantage au Zodiaque de l’Écliptique, ils ont donc séparé celui-ci du ciel ainsi que de l’ensemble des autres constellations.

C’est sans doute à cette époque ( romaine ) que l’incrustation de la Constellation Delphinus s’est faite afin de garder un lien malgré tout entre Astronomie et Astrologie ou tout simplement parce qu’ ils n’ont pas vu qu’il y avait là deux constellations différentes.

Ce qui nous a fait croire que le Capricorne a toujours eu une queue de Poisson, ce sont les Kudurrus mésopotamiens, mais si on étudie cette civilisation, on se rendra compte qu’il mettait des queues de poissons même aux humains et que leur faune est assez « extraordinaire » peuplé d’êtres aussi originaux que combinés.

Par ex, la Mésopotamie a souvent représenté le Lion muni d’ailes, cette anomalie zoologique s’explique parce que cette civilisation se servait du Lion pour symboliser le Soleil, et comme le Soleil se trouve dans le ciel, elle lui a mis des ailes pour donner l’illusion de la suspension de l’astre solaire et pour le distinguer des lions terrestres…, bref, il s’agit d’une vulgarisation graphique de l’astronomie.
Mais les Mésopotamiens n’ont pas toujours représenté le Capricorne avec une queue de poisson, en témoigne cette tablette où l’on voit un caprin entier, c’est à dire sans queue de poisson :


La Mer et ses occupants a semble t’il beaucoup influencé l’imaginaire des Mésopotamiens comme on peut le constater sur d’autres tablettes :

La Combinaison de un ou plusieurs animaux voir une combinaison homme et animal était fort courante en Mésopotamie, comme en témoigne cette autre tablette :

Quoi qu’il en soit, les Anciens Egyptiens eux avaient bien distingués ces deux espèces, et seule leur très proche proximité en tant que constellations nous donne l’impression que l’Ancienne Égypte se serait servie de l’iconographie mésopotamienne pour illustrer le capricorne sur le Zodiaque de Denderah, mais c’est une illusion d’optique, sans plus.

Cliquez sur l’image en très grande taille de Delphinus ci-dessous, afin de bien observer que l’on voit même l’oeil et la mâchoire du Poisson :

Le Capricorne Egyptien :

Le mot Capricorne est une simple combinaison du mot Capri qui donna le mot Caprin ( de l’ordre des Caprinae qui forment une sous-famille des bovidés, elle comprend notamment les chèvres et chamois ) et du mot Corne ; intéressons-nous précisément aux cornes du bouc ou/et de la Chèvre :

On se rend compte qu’en poussant, elles se courbent vers l’arrière et vers le bas et ont tendance à ne plus être parallèles.
Il ne s’agit donc pas d’une chèvre ou d’un Bouc que l’on observe sur le Zodiaque, si ce n’est l’une ni l’autre, quel animal représente le Capricorne du Zodiaque ?

Ce n’est pas un seul animal mais une famille d’animaux, celle des Antilopes, une combinaison de l’Hippotrague, de l’Orix mais surtout du Pelea capreolus ou Capreolus de Pelea dit aussi Péléa le chevreuil-bouc :

Hippotrague :

Hippotrague dit l’Antilope Cheval, du grec ancien híppos : « cheval ».

On en trouvait encore dans le Sahara avant qu’il y soit exterminé au XVIIIe siècle.
On trouve généralement l’hippotraque dans la forêt claire ou sur la savane alentour, là où l’herbe est assez haute. Il évite la forêt épaisse autant que l’herbe rase de la savane. Il supporte moins bien la sécheresse que beaucoup d’autres antilopes, et s’éloigne rarement de l’eau, on suppose de fait, que des spécimens venant du Sud de l’Egypte (sous-région éthiopienne), venaient s’abreuver aux abord du Nil.

L’hippotrague est une antilope robuste, puissante et élégante. C’est la plus grande antilope d’Afrique avec 1,50 m au garrot et ses 280 kg. Les hippotragues vivent en troupeau de 15 à 30 individus. Le mâle forme avec la femelle qu’il a choisi dans le troupeau un couple stable et complémentaire. Les naissances ont lieu en janvier.

Sa gestation est de 270 jours ou pour plus précisément 9 mois, comme les humains.

L’Oryx :

Hebenou est le nom égyptien de la capitale du XVIe nome de Haute-Égypte, dont le nom grec est Théodosiopolis. La ville n’a pas encore été localisée avec certitude, mais on la situe généralement à Minièh ou à Kôm ek-Ahmar au nord de Tell el-Amarna.

L’emblème de ce nome (et peut-être de la ville) est un oryx ou une gazelle blanche (Ma-hedj ou Méhet), qui est un animal lié au dieu du désordre, Seth. C’est en ce lieu que Horus (incarné par Pharaon) rejouait la bataille mythique où il terrasse Seth (incarné par l’oryx). Il est probable qu’en ce lieu, Pharaon (ou l’un de ses représentants) prenait part à une chasse rituelle et que l’oryx sacrifié était offert au temple de la version locale d’Horus, connus sous le nom d’Horus de Hebenou.

Sa nécropole se trouve à Beni Hassan et comporte une douzaine de tombeaux décorés datant du début du Moyen Empire, le Hiéroglyphe de Hebenou comporte un oryx.

Autrefois, ils occupaient tout le désert du Sahara jusqu’en Égypte.
Les Oryx sont des Antilopes à longues cornes en forme de sabre, parallèles, droites ou faiblement recourbées en arrière, annelées et sans arêtes, développées dans les deux sexes.

Ces Antilopes atteignent ou dépassent la taille du Cerf, et leur pelage est blanc ou d’un fauve très clair, relevé par des taches régulières, brunes, à la tête et au bas des jambes.
Les Oryx ont été connus des anciens, et l’on suppose qu’ils ont servi de modèle pour l’animal fabuleux que l’on désigne sous le nom de Licorne. En effet, sur les monuments de l’ancienne Egypte on voit des Oryx figurés de profil avec une seule corne visible, l’autre étant cachée par la première.

Pelea capreolus :

Pelea capreolus dite aussi Péléa ou Rhebuck ( chevreuil-bouc) est une espèce d’antilope endémique qu’on trouve aujourd’hui davantage en Afrique du Sud, mais à l’époque de l’antiquité, on pouvait en voir en Egypte.
Il existe deux espèces Capreolus européenne et asiatique, l’une apprécie les forêts de feuillus, l’autre les prairies de montagne comme il s’en trouvent aussi en Afrique Centrale.

Il est possible que les Hyksos en aient ramené avec eux en Egypte.
Il est sédentaire, sauf dans la période du rut où le mâle se déplace pour aller féconder le plus grand nombre de femelles sur son territoire.
Excellent coureur et sauteur, le chevreuil nage aussi très bien, mais il ne choisit cette option que lorsqu’il y est obligé ou lorsqu’il est menacé.

Seuls les mâles, très agressifs pendant la période des amours, portent des cornes. Celles-ci, longues de 20 à 25 cm, sont droites ou légèrement recourbées vers l’avant. Source :

Le Capricorne n’est donc pas un bouc ou une chèvre comme on le pense, du moins pas pour les créateurs du Zodiaque Egyptien mais bien une combinaison d’Antilopes.

Ceci dit, on peut malgré tout observer que le Capricorne du Zodiaque Egyptien arbore une très petite barbichette, c’est pourquoi, on peut conclure qu’il s’agit du chevreuil-bouc dont les cornes poussent légèrement vers l’avant mais le dos est celui de l’hippotrague et le buste celui de l’Oryx, rajoutons que le Capreolus peut nager aussi d’où sans doute le lien avec le Mérou et sans doute aussi avec le Capricorne à queue de poisson.

Les Poissons de Hatmehyt la Déesse Poisson :

Nous l’avons vu, le poisson que l’on nomme « Delphinus » est un mérou dont la particularité, est que chacun d’eux naissent tous femelles, c’est donc ce poisson que les créateurs du Zodiaque Egyptien ont représenté pour illustrer la Déesse Hatmehyt la  » Maîtresse des poissons « .

Le lepidos barbus bynni, la carpe du Nil ( du moins pense-t-on qu’il s’agit de la carpe ) est aussi consacré à Hatmehit ou Hatmehyt ou Hatmehout ou encore Hathehyt, à Mendès (16e nome de Basse-Egypte) son apparition remonte à la IV dynastie ( -2600 ), son influence diminua au profit de son compagnon Banedbjedet. Ils constituent, à la Basse Époque, une triade avec leur fils Harpocrate. Représentée avec un poisson sur la tête, son animal emblème devint le dauphin dont elle adopta la forme. Elle aurait participé à la recherche des morceaux d’Osiris.

Les poissons spécifiques avec lesquels Hatmehyt est identifié sont donc la carpe du Nil, le tilapia, le poisson-chat électrique du Nil ou le Schilbe mystus ou le Barbus bynniou ou encore le dauphin et comme nous l’avons vu le mérou femelle mais peu importe le poisson ou mammifère aquatique puisque selon les époques, le poisson de Hatmehyt varie selon les espèces, retenons simplement que c’est la Déesse des Poissons, comme représentée sur la Stèle de Perehou :

Les Grecs se sont référés au dauphin comme « roi des poissons » car pour eux, le Dauphin est un mangeur d’autres poissons. Un calendrier égyptien se rapporte au 28ème jour du quatrième mois de la saison d’Akhet comme jour où « on ne peut pas manger les mangeurs de poissons » dans la ville de Mendès.

Pline parle aussi des dauphins dans le Nil et Sénèque parle des dauphins et des crocodiles combattant dans le Nil.

Une valeur symbolique impliquant une identification entre les poissons et les âmes mortelles est exprimé avec la Déesse Hatmehyt. À cet égard le mot mehyt signifie « poissons », mais peut également signifier « noyé par ».

En capturant des poissons, l’homme prenait en main sa destinée.
Aux yeux des Égyptiens, le tilapia avait plusieurs vies. Il est donc considéré comme un poisson favorable.

Hatméhyt, était vénérée dans la cité de Mendès, ll s’agissait d’une force divine revêtant aussi l’aspect d’un schilbé, poisson égyptien connu pour les sauts qu’il effectue au-dessus de la surface de l’eau , ce qui vaut au nom de la déesse d’être traduit par : « la Première du banc de poissons » :

Mais à certaines époques de l’année, Hatméhyt revêt aussi l’apparence d’un dauphin femelle en référence à la branche Mendésienne du Nil qui débouche à Tamiat, qui est une bouche par laquelle les dauphins, selon les récits de l’antiquité, remontaient jusqu’à Mendès :

On ne peut parler de Hatmehyt sans parler de son époux Banebdjedet :

Banebdjed ou Banebdjedet :

Dieu bélier de Mendès, l’antique Djedet dans le XVe nome de Basse-Égypte (désormais Tell el-Ruba — Tell el-Rob’a — et Tema el-Amdid), dont le nom signifie littéralement « le ba du seigneur de Djedet ». Un cimetière comprenand des sarcophages de béliers sacrés a été découvert sur le site de Mendès.

Parfois représenté avec plusieurs têtes, il symbolise l’essence spirituelle, le ba des quatre dieux gouvernant le monde : le soleil Rê, l’air Chou, la terre Geb et Osiris. Au VIe siècle av. J.-C., quatre naos de granit monolithiques furent édifiés pour les quatres ba des dieux créateurs par le roi Ahmes II (Ahmôsis). Ce centre religieux perdura pendant toute la période ptolémaïque. Le bélier représente dans les « litanies de Rê » le « Seigneur du Ciel », la « Vie de Rê ».

La mythologie lui accorde un rôle pacificateur : lors du combat entre Horus ( Tardivement l’une des formes d’Horus enfant (Harpocrate) devint leur fils ) et Seth pour l’héritage du trône d’Égypte, il se serait interposé pour demander aux deux protagonistes de trouver une issue pacifique à leur combat, afin de préserver la Maât et d’échapper au chaos. Il demanda aux autres dieux juges de consulter Neith pour bénéficier de sa sagesse : elle porta légitimement Horus sur le trône pour gouverner les dieux, en tant que fils d’Osiris et débouta Seth, qui avait tenté de prendre le trône par la force. Dans cette lutte, Banebdjed est le dieu-bélier résidant à Satet (Setit), l’île de la première cataracte, qui le lie au dieu-bélier méridional Khnoum.

Banebdjed était originellement un bélier à cornes droites, qui fut sans doute remplacé plus tard par une race d’Antilope à cornes droites ou de simples moutons pour des raisons pratiques lors des rituels : Hérodote précise que certains temples dédiés au bélier de Mendès sacrifiaient préférablement des moutons plutôt que des béliers, animaux sacrés.

Quant à Diodore de Sicile, c’est sur l’aspect viril et les capacités reproductrices de Banebdjed qu’il insiste :

« Les Égyptiens déifiaient le bélier pour les mêmes raisons pour lesquelles le culte de Priape été représenté par les Grecs : en raison de son membre de procréation. Ils attribuent la possibilité de reproduction la plus forte à ces animaux et considèrent le membre comme étant celui auquel toutes choses vivantes doivent leur existence, digne d’une vénération. »

La combinaison Capricorne-Mérou du zodiaque de Denderah est donc une sorte de protomé ( un protomé est une représentation en avant-corps d’un animal réel ou fictif. Il est composé d’une tête et peut être accompagné d’une part de la partie antérieure), qui évoque les poissons Mérou qui naissent tous femmelles, le mérou incarne donc Hatmehyt fusionné à Banebdjedet sous l’aspect d’une Antilope-Bélier à cornes droites ( comme le Bélier-Jacob )que l’on représenta aussi sous l’apparence de l’hippotrague et de l’Oryx, ce n’est donc pas un animal hybride « mi-caprin mi-aquatique », comme on l’entend souvent.

L’important pour les créateurs du Zodiaque Egyptien de Denderah étant de représenter toutes les constellations connues à leur époque, de fait, la restriction d’espace due à la forme circulaire du Zodiaque, les a amené à faire preuve d’imagination graphique afin de représenter plusieurs personnages ( constellations ) dans un espace réduit.

Si les astronomes egyptiens avaient essayé de représenté séparément le chevreuil-bouc et le Mérou, tout le zodiaque aurait été décalé, c’est ce qu’ils ont voulu éviter en combinant Delphinus et le Capricorne.

Cette combinaison rappele la bataille de Horus ( que l’on voit debout au-dessus de la bête à cornes) contre Seth qui prit l’apparence d’un Oryx, ainsi sont regroupé la Triade de Mendès.

Si cette conclusion ne satisfait pas, on peut toujours se contenter de la proximité de Banebdjedet près du Capricorne-Mérou :

Sur le Zodiaque d’Esnée, on observe que le Poisson commence à fusionner avec le corps du Capricorne et n’est plus aussi détaillé que le poisson du Zodiaque de Denderah :

Le Dauphin et les Grecs :

Les Grecs parlent du Dauphin dans des versions différentes :

Amphitrite :

Poséidon vit danser la néréide Amphitrite sur l’île de Naxos et il tomba amoureux d’elle, mais ce n’était pas réciproque et la belle s’enfuit pour se cacher dans l’atlas.
Le dieu des océans n’acceptant pas sa défaite envoya des messagers parmi lesquels Delphinos qui sut si bien plaider la cause de Poséidon que la néréide Amphitrite céda et devint sa femme, la déesse de la mer, elle lui donna trois enfants : Triton, Rhodè et Benthésicymé.

Pour le récompenser, Poséidon l’image de Delphinos fut placé au milieu des étoiles pour devenir la constellation du dauphin. Elle lui donna trois enfants: Triton, Rhodè et Benthésicymé.

On constate sur l’image de la néréide Amphitrite que le cheval marin est un très gros hippocampe calqué sans doute sur l’hippotrague…

Voici une autre représentation de la néréide Amphitrite où l’on voit un taureau-poisson (!) :

Il suffit de mettre des cornes au cheval marin ou de remplacer la tête du taureau ( en lui laissant les cornes) par la tête du cheval, pour qu’on constate que la néréide Amphitrite est sans doute, une adaptation de la déesse égyptienne Hatmehyt que l’on surnommait  » « Maîtresse des poissons « .

Arion :

La deuxième version concerne Arion le meilleur chanteur et joueur de cithare de son temps. Revenant de Sicile où il avait gagné, grace a son art, de grandes richesses, il s’embarqua à Tarente à bord d’un navire qui devait le conduire à Corinthe.
Mais l’équipage décida, une fois en mer, d’assassiner le musicien pour s’emparer de sa fortune.
Arion obtint cependant la faveur de chanter une dernière fois avant d’être jeté dans les flots, ce qui fut fait.
Mais un dauphin, qui avait été attiré et charmé par les accents mélodieux du chanteur, le recueillit et le porta sain et sauf jusque chez lui.

Visiblement l’Astronome Albrecht Durer ( 16 ième Siècle ) n’avait jamais vu de sa vie, un dauphin, ou alors, comme nous l’avons vu ce n’est pas le mot delphinus, qu’il faut retenir mais plutôt le mot Delphin qui s’attribuait à n’importe quel poisson :

Dans la mythologie grecque, les peuples marins allouaient aux dauphins des exploits multiples car, lorsqu’un bateau s’égarait, les dauphins les guidaient dans la tempête, il existait également de nombreuses légendes sur les naufragés secourus par les dauphins :

Influence Chrétienne dans l’Astronomie :

Le ciel astronomique fût, pendant un temps, vers le XVII ième Siècle, peuplé des personnages de la Bible, Delphinus fût représenté sous l’aspect de la Cruche de Cana par Julius Schiller dans son Coelum Stellatum Christianum, daté de 1627.

Source : http://www.lindahall.org/services

La Cruche de Cana est celle que Jesus-Chrìst aurait utilisé pour changer l’eau en vin aux noces de Cana.

Au Liban, pays où se trouve la ville de Cana, on trouve une espèce de Mérou dit Mérou-Chèvre, d’où son nom Serranus cabrilla ( Cabrilla désignant une Chèvre ):

Le lien entre la cruche de Cana et le mérou est évident puisque Jésus selon la Bible a été confronté aux pécheurs pêcheurs.

Les Poissons furent répertoriés par les Anciens Egyptiens fondant ainsi la base de l’Ichtyologie, comme on peut l’observer sur les fresques et autres supports :

Identification astronomique :

Le Dauphin est citée par Aratus de Soles et était déjà l’une des 48 constellations répertoriées par Ptolémée mais nous savons que les Babyloniens et les Egyptiens l’a connaissaient déjà. L’origine du nom Dauphin, en revanche, n’est pas explicite.

Cette constellation fut également connue sous le nom du Chameau chez les astronomes arabes et de la Baleine de Jonas chez les Hébreux.

Le mot Delphinus apparu de manière général à partir du 17 ième Siècle mais les astronomes du 16 ième Siècle, comme par exemple l’astronome Conrad Heinfogel 1503 le nommait Delphin :

Les Premiers Astronomes représentaient la Constellation du Dauphin avec une queue droite contrairement aux suivants dont Hévellius et consors.

D’autres Astronomes comme Philippe Lea ( 1686 ) ne dessinaient ni un marsouin, ni un dauphin, mais plutôt une sorte de poisson dont la queue évoque celle du Capricorne comme on la représente à partir du 17 Ième Siècle :

La représentation du Dauphin est donc très tardive et dérive d’un mot qui ne désignait pas initialement le mammifère marin que tout le monde connaît.

Certains astronomes se diront : »Et la forme de la constellation du Capricorne qu’est ce qu’elle représente ? »

Sa forme représente la partie Caprine de la Constellation Delphinus :

On constate bien que chaque étoile de la Constellation du Capricorne trouve sa place sur l’Antilope-Bélier Banebdjedet, il suffit donc de rajouter la Constellation Delphinus-Le Mérou d’Hatmehyt à la Constellation Banebdjedet pour observer que les Astronomes à partir du 16 ième Siècle, les ont séparés pour une raison obscure :

Mais quand on regarde ce que les astronomes modernes essayent de recomposer pour faire du capricorne un être hybride « mi-chèvre mi poisson », on ne peut que constater une similitude avec la représentation qu’en avaient fait les Anciens Egyptiens.

Il y a deux mille ans, c’est dans la constellation du Capricorne que le Soleil atteignait le solstice d’hiver mais en raison de la précession des équinoxes, cette lente mais incoercible dérive de l’intersection du plan de l’orbite terrestre avec l’équateur céleste, ce point se trouve aujourd’hui dans le Sagittaire.

Elle conserve cependant une valeur historique puisqu’elle donne toujours son nom au tropique austral.

C’est la Précession des Équinoxes qui sans doute a fait séparer le Capricorne du Dauphin ou réciproquement.

Delphinus dans l’Uranometria :

En nous servant de l’Uranometria, on constate que même au 17e siècle, Bayer n’a jamais vu de dauphin, il suffit d’observer l’aileron qui se rapproche davantage d’une aile de chauve-souris qu’à l’aileron lisse d’un dauphin.

Cette aileron-aile de Bayer a sans doute voulu nous rappeler la nageoire dorsale d’un mérou qui visiblement ressemble en effet à une aile constituée de stries comme on peut le voir ci-dessous, mais cette ressemblance se visualise aussi pour les autres nageoires d’un mérou mais moins pour sa nageoire caudale :

delphinus-merou-nageoire

Ainsi donc soit Bayer n’avait pas dans ses amis, un marin soit il a voulu combiné un mérou avec un poisson imaginaire car même la gueule proéminente du Mérou semble avoir été la base de son Delphinus :

delphinus-vierge

Mais le plus étonnant est la position de son Delphinus, a t’il voulu évoquer une sirène qui aguicherait de son oeil malicieux le marin hypnotisé …, cette queue torsadée n’a aucun sens ni aucune vraisemblance  avec la réalité d’un poisson commun mais cette position attire notre regard sur les deux inscriptions manuscrites, on peut y lire « Equeu minor » ( sans doute Equeulus Minor le Petit Cheval ) et dans le coin en bas, « Pégasie » sans doute Pégase.

Ces deux constellations se trouvent astronomiquement vers l’Est et non vers l’Ouest sur une carte du ciel, elles devraient donc se trouver derrière Delphinus sur la page de Bayer car elles sont aussi plus proches de Andromeda qui fait partie des Constellations circumpolaires de notre Pôle Nord. Il nous faut alors placer ces deux Constellations derrière Delphinus :

delphinus-lignes-vertes

Voyons si on retrouve une Perche du Nil dans la version égyptienne de notre ciel : et ce sous 4 angles différents :

delphinus

Mais comme nous l’avons vu avec les autres Constellations, que prises séparément les Constellations peuvent être regardé dans tous les sens, c’est à dire selon 4 angles différents de vision pour visualiser dans chacun la constellation égyptienne mais cette « multi-vision » n’est pas possible avec Bayer et en général avec l’iconographie occidentale issue de la mythologie greco-latine :

delphinus-bis-bis-bis

delphinus

delphinus-bis-bis

Mais le principal est aussi qu’on puisse retrouver le dessin commun de Delphinus que chacun ou presque connaît :

delphinus-et-le-merou-dhatmehyt

Nous l’avons vu la Constellation Delphinus est en fait un mérou que les Égyptiens nommaient sans doute aussi Abdou.

Si vous souhaitez observer un véritable mérou et non pas une esquisse de celui-ci vu le peu d’étoiles représentées par Bayer, vous pouvez lire l’analyse de Capricornus, car c’est ce mérou donc Delphinus qui fait office de queue de poisson au capridé.

Voici les 4 représentations officielles les plus courantes de la Constellation Delphinus observées par les astronomes :

Il suffit de superposer un des dessins de la Constellation Delphinus sur la Constellation Le Mérou d’Hatmehyt pour pouvoir l’identifier :

Les Constellations limitrophes sont : Sagitta-Le Dard de Ched, Aquila-Le Vautour de Nekbeth, le Verseau, le Capricorne, …

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Cette page fait partie d’un ensemble dont le travail de recherche consiste à décrypter les personnages du Zodiaque de Denderah, ce travail de recherche inclut un Zodiaque-Map cliquable, ainsi qu’une représentation fidèle en très grande taille du Zodiaque de Denderah.

Vous avez la possibilité de commander un Poster de ce Zodiaque en couleurs d’une taille à partir de 80 cm sur 120 cm, numéroté et portant un Flash-code contenant votre identité, et ce dans plusieurs versions figuratives ou astronomiques ) livrable via la poste partout dans le monde.

Vous pouvez lire aussi le travail de recherche qui sert d’introduction aux Constellations Égyptiennes à cette adresse :

Lien vers le travail de recherche

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